Chiffonné…

Photo d'Enzo BALG

 

Une idée de travail photo me poursuit. Et je vais avec ton aide la concrétiser!

Cette idée vient de mes réflexions sur l’apparence du corps humain. La « chosification du corps ». Personnellement, cela fait très longtemps que je m’insurge contre l’utilisation  de photoshop pour « améliorer » la plastique des modèles. C’est tellement courant que maintenant, le mot « Photoshop » est synonyme de « mensonge ».

Tout le monde le sait. Et pour autant, tous-tes les gamin-e-s, et les moins gamin-e-s, et les vieux-vieilles aussi, veulent ressembler à la dernière « couv’  » du Elle ou du Fig’Mag’ !!
N’ont droit de cité sur la plage que les canons de 35kg, 63 pour les mecs, bronzé-e-s, tendu-e-s, et couvert-e-s de 4cm² de tissus, cachant juste un ticket de métro, trois boules,  ou des mamelons…

C’est un genre de « bal des faux-culs ».

C’est un genre de maladie psychiatrique, un truc qui dit que le corps humain est beuêerk si il est ridé, vieux, tordu et poilu…

À ce niveau de l’article, il apparait opportun de te parler d’Hervé Szydlowski. Il va te (moi c’est déjà fait, et bien fait!) mettre une claque! Ce photographe a gravité longtemps autour du 1er site de naturiste au monde, le plus grand, et le plus ancien donc, sur l’atlantique; le site de Montalivet. Il a donc fréquenté pléthore de naturistes, pas complexé-e-s, et à l’aise nu-e-s comme toi tu l’es habillé-e.
J’adore cette claque! J’adore ce parti pris de montrer (d’oser montrer) ce qu’est réellement la vie, la plastique d’un corps. Des fois c’est lisse et tendu comme dans « Vogue », et d’autres fois, c’est flasque, pendant, fripé, comme dans la vraie vie. Et je trouve ça beau. Il y a des choses qui se dégagent de ces portraits. Il y a de l’épaisseur, de la vie. Ce n’est pas creux et insipide… (cf aussi Réjoui)

Bref! Tu as déjà un indice sur ce « fameux » travail photo qui me préoccupe tant depuis 15 ans… : il y aura matière à se rincer l’oeil.

En matériel, il me faut, hormis le classique pour la photo de portraits (appareil, fonds, flashs éventuellement, réflecteurs ….),
un … TRAMPOLINE .

Photo d'Enzo BALG
Photo: ebalgproductions

Tu vois pas le truc? Bon, je t’explique:

Quand tu sautes sur un trampoline, il y a un moment où tu es quasi en apesanteur, tout en vrac. Tu ne pèses plus rien, tout flotte. Et comme en plus ce n’est pas très naturel comme situation, tu es empreinté-e… les cheveux en foutoir, les jambes tordues, le sexe à l’Ouest, un bras en l’air, l’autre perdu, un sein au Sud et l’autre à l’Est, la bouche ouverte, les joues molles et aplaties …

Et là, paf! Je prends la photo!

D’en dessous. Et ensuite de côté, puis d’au-dessus…
Après, on en discute. On trie. On choisit. Les mieux. Et on expose. On fait un bouquin. Un site, et… un bide et pas de buzz. Car si j’en crois les réactions que j’ai déjà eues, ça ne passe pas. Un corps maigre et plissé, ça fait Dachau. Ça fait anorexie, ça fait malade… Un corps gros, ça fait peur… Un corps déformé ça fait pas glamour…

Le monde à l’envers quoi.
Tu en dis quoi toi?

Tu poserais pour moi? Tu te verrais à poil et en l’air sur un tirage de 60×60 pas flatteur (oui, ce seront des formats carrés, a priori N&B) accroché au mur d’une expo? Ou sur 3m² de bâche accroché en extérieur, la teub à l’Ouest, le bide de travers, les cheveux en pétard, et tout chiffonné?

Moi, j’ai bien envie…

 Et si tu es tenté-e, cliques là pour me contacter!

Présomptueux

Est-ce être suffisant que de vouloir prétendre proposer à la vente des photos aspirant être des oeuvres artistiques? De ne pas les coller sur des mugs, des coussins ou des tapis de souris?

C’est une des questions que je me suis posée.
Vendre mes photos…
Je fais le choix d’une démarche  d’auteur, et non d’artisan. Non pas que je dénigre les artisans-photographes, mais les objectifs et fonctionnements ne sont pas les mêmes. Il me semble.
L’un va vendre des produits, l’autre des créations.
L’un va faire tourner une boutique, l’autre va s’entêter à faire du beau (au moins pour lui), au risque ne pas vendre.
L’un va avoir tendance à privilégier le chiffre d’affaire, l’autre aura une sélection drastique quitte à bouffer des nouilles le mois durant…
L’un gère une entreprise, l’autre baguenaude le nez au vent.
Il m’apparait que chez l’un, l’image est plus un support qu’une fin en soi chez l’autre.

Bon, je te l’accorde, il y a là quelques raccourcis. Certains pour le moins rapide…  Un artisan crée aussi, et un artiste a aussi un estomac… Mais le fond de ma réflexion est bien à cet endroit. Et je ne suis sûrement pas le premier à y réfléchir.

Vous trouverez donc sur ce site des oeuvres d’art. Et pas de mug…